David a vaincu Goliath

Par Tommy Tremblay

Au cours de mon stage de cinq saisons dans la LHJMQ, j’ai pu côtoyer d’excellents joueurs de hockey. Plusieurs ont connu du succès dans le circuit Couteau, mais ont maintenant plus de difficulté à se faire valoir au niveau professionnel. Alors, c’est toujours plaisant de voir évoluer un ancien coéquipier dans la LNH. Lorsque j’ai fait mes débuts dans la LHJMQ, dans l’uniforme des Saguenéens de Chicoutimi, j’ai eu la chance d’avoir comme capitaine David Desharnais.

En 2011, David est devenu un régulier de la formation du Canadien de Montréal. Ce petit joueur de centre agile, ignoré au repêchage de la LNH, a tout de même été en mesure de faire son nom dans la LNH. Le parcours emprunté importe peu. Au final, il était destiné à jouer dans la meilleure ligue au monde avec les meilleurs hockeyeurs. Désormais, David fait partie de l’élite.

Il a été mon coéquipier pour seulement une saison. Or, seulement de le voir à l’œuvre dans les entrainements m’a convaincu qu’il appartenait à une classe à part. J’ai le souvenir qu’après une vingtaine de parties, je n’avais toujours pas noirci la feuille de pointage. Richard Martel m’avait alors jumelé avec Desharnais : «La seule chose que tu as à faire c’est de foncer au filet. Le reste, Dave s’en occupera !» C’est ce que j’ai fait, connaissant de bons moments.

Cette année-là, David en était à sa dernière année junior et n’avait aucun contrat en poche. Je me rappelle qu’à l’époque, Brent Aubin des Remparts de Québec (qui avait le même âge) venait de parapher un contrat avec les Maple Leafs de Toronto, tout juste avant de revenir à Québec. C’est seulement l’été suivant que David a conclu une entente à 2 volets du Tricolore.

À sa première saison chez les professionnels, il a été retranché par les Bulldogs de Hamilton dans la Ligue américaine (LAH). Ainsi, il a passé la saison à Cincinnati dans la East Coast League (ECHL). Il a terminé au premier rang des compteurs de l’équipe avec 105 points. Pas mal pour une année recrue ! Le CH devait commencer à croire que le jeune québécois pourrait se frayer un chemin jusqu’au grand club.

Son apprentissage dans la ECHL était déjà terminé. L’année suivante, il s’est taillé un poste à Hamilton. Or, les Bulldogs comptaient sur quatre joueurs de centre régulier : Yannick Lehoux, Brock Trotter, Ryan Russell et Kyle Chipchura, ancien premier choix des Glorieux. Desharnais avait du pain sur la planche s’il voulait mériter du temps de glace. Du coup, il s’est démarqué, malgré sa stature : 58 points en 70 matches.  Il a tellement bien cette saison-là, que le Canadien a décidé de prolonger son entente avec lui et n’a offert de contrat à Yannick Lehoux, jadis le centre de premier trio. Le 51 du CH ne s’est pas assis sur ses lauriers et a livré la marchandise l’année suivante, amassant 78 points en 60 rencontres en plus de participer à six rencontres du grand club.

Tout ça pris en considération, je ne suis en aucun cas surpris de son début de saison impressionnant avec le Canadien. Force est d’admettre qu’il a connu du succès partout où il est passé. De plus, il possède une éthique de travail irréprochable et il est un joueur qui relèvera les défis, peu importe la situation. Il était destiné à être là où il est présentement. Il a cru en son potentiel. Le succès qui colle à David depuis le début de sa carrière revient à lui seul et est pleinement mérité.

Selon vous, est-ce que David Desharnais a un avenir à long terme chez le Canadien?

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