Coacher dans l’adversité

Par Rendall Sylvain

Les récents déboires du Canadien m’inquiètent, mais je ne monte pas sur mes grands chevaux. En fait, j’ai rarement tendance à imputer les insuccès du club à un seul individu et je m’emporte très, très rarement.

Certains journalistes décèlent, commentent ou amplifient les moindres failles de l’équipe. C’est leur job : il sont à Montréal. Et d’autres, joueurnalistes, panellistes, coachnalistes, assis sur des causeuses ou autour d’une table, en font un plat. Ils crient dans nos oreilles. Ils oublient la règle des « si » avec les « rait».

Or, contre mon gré, je dois cracher le morceau : Jacques Martin coache mal.

Foutez-moi patience avec les excuses telles « Markov, Spacek, Campoli et Cammalleri sont blessés ». Markov est notre Rick DiPietro, nous nous sommes habitués. Campoli n’a joué que quelques minutes, et c’est peut-être mieux comme ça. De son côté, Spacek… Spacek. Ai-je besoin d’élaborer?

D’accord, Cammalleri nous manque. Car après tout, notre vedette totalise 97 points en 132 matches avec le club (remarquez la touche d’ironie ici).

Expliquez-moi comment Dan Bylsma, durant une longue période, compense les pertes de Crosby et Malkin à Pittsburgh, mais Jacques Martin ne peux se priver de quelques joueurs durant une courte période? Il ne faudrait pas laisser Carey Price et PK Subban dans l’auto de Dany Heatley.

Certains diront que les départs d’Hamrlik et de Wisniewski ont fragilisé la défensive. Vrai, mais en partie. Le Tricolore encaisse, en moyenne, 3,2 buts par match. Par contre, des 16 filets accordés en cinq rencontres, l’Avalanche du Colorado – qui compte sur Chuck Kobasew sur la deuxième ligne d’attaque et le premier avantage numérique – en a inscrit six. Contre Buffalo, Christian Ehrhoff a marqué dans un filet désert. Alors, si mon calcul grossier est juste, les Canadiens ont accordé neuf buts francs en 4 rencontres. Qui plus est, en date d’aujourd’hui, les Canadiens forment la troisième meilleure équipe pour les lancers accordés, et les lancers au filet adverse.

Price doit se raplomber, et vite. Néanmoins, il n’est pas à l’épicentre cette secousse. Or, ses coéquipiers et lui ont encaissé quatre buts en 20 désavantages numériques. Seulement quatre équipes font pires, cinq si vous croyez que les Sénateurs sont encore de calibre de la LNH.

Pouvons-nous réellement blâmer Carey ou les défenseurs? À part Pernell Karl, qui s’en met trop sur les épaules, les défenseurs effectuent du bon boulot. N’oublions pas que Diaz et Emelin n’avaient jamais foulé une patinoire nord-américaine, et que le jeune Vébaire ne semble avoir jamais joué en défensive. Ou en attaque. Je ne sais plus trop.

Visiblement, le jeu collectif fait défaut. Le cliché « poule pas de tête » s’applique parfaitement à 5 vs 5 ou lors des unités spéciales. Les blessures aux joueurs cités ci-haut créent un déséquilibre; Moen, Darche, Cole, Desharnais, Kostitsyn et Gionta s’acquittent de responsabilités discutables. Certains jouissent de trop de temps de glace. D’autres non.

Certes, dans l’adversité, l’entraîneur doit s’ajuster et jongler avec ses trios. Mais Martin s’est tellement ajusté que son équipe a accordé quatre buts contre les Flames, et cinq contre l’Avalanche de Chuck Kobasew.

Versus les Sabres, les Canadiens se fouillaient dans le nez lorsque Vanek, Gragnani, Pominville et Gaustad ont pris trois secondes afin d’exécuter un jeu préparé dans des pratiques pee-wee à St-Georges-de-Champlain. À quelques instants de la fin de la deuxième période, comment est-ce possible qu’un scénario de la sorte se produise si aisément? C’est beau blâmer Martin, mais Gorges et Andrei K ont oublié que les seuls cônes à Montréal se trouvent sur les autoroutes.

Si je comprends bien, la flanelle est incapable d’inscrire une victoire lorsqu’il se marque plusieurs buts et elle plie l’échine lors de duels défensifs. Ça va pas bien à shop.

Une question de rôle

En toute honnêteté, je ne crois pas que nous devrions pointer uniquement Jacques Martin du doigt. L’effort collectif est bien présent, mais il y a un manque flagrant de cohésion. Toutefois, cette cohésion doit être créée par l’entraîneur. Il est payé pour réunir ses joueurs autour d’un même objectif. Qu’il prenne des leçons de coaching de Tony LaRussa.

Pourquoi Palush-aille-aille-aille évolue sur un quatrième trio? La quatrième unité des Sabres compte sur trois fatigants (Gaustad, McCormick et Kaleta). À Montréal,  les fatigants sont derrière le banc. Oui, les coaches me fatiguent.  Le scénario se répète toujours: les joueurs de soutien des Canadiens ne complètent pas les joueurs de talent. Ils n’ont aucune émotion, comme les entraineurs.

Normalement, ce type de «dividu» crée une étincelle avec une bonne mise en échec ou à la suite d’une présence intense. Pas à Montréal. Selon Martin et Pearn, le quatrième trio doit être responsable, et fiable sans la rondelle.

SI TU N’AS PAS LA RONDELLE, C’EST PEUT-ÊTRE PARCE QUE T’ES NUL. T’AS PAS ASSEZ DE TALENT POUR GARDER LE &%(# DE PUCK.

Je ne demande pas à Pierre Gauthier de faire des transactions (à part pour Chris Neil). En fait, la composition de l’équipe me plaît (je veux Chris Neil). De plus, lorsque le 13 et le 79 seront de retour, j’imagine que l’équilibre s’installera.

Gauthier a signé Erik Cole, Alexei Emelin, Rafael Diaz; Martin devrait les utiliser à bon escient, non?

À Pittsburgh, les joueurs assument des rôles précis. Attention, je ne compare pas le talent des deux formations. Il n’en demeure pas moins que Dan Bylsma se fait écouter et impose, sur une longue période, des rôles à ses lignes. Il s’ajuste lorsque Malkin et Crosby brillent par leur absence; les joueurs accordent leur violon et travaillent en conséquence.

Jacques Martin s’entête à changer le rôle de ses joueurs à chaque rencontre. Une soirée, Martin utilise Plekanec lors de tous les désavantages numériques. Deux jours après, le 14 voit peu de temps en infériorité et évolue à la pointe avec plus d’un homme.

Erik Cole amorce la saison avec Desharnais et Darche. Après, il flanque Plekanec et Cammalleri. Quelques jours plus tard, il se retrouve avec Gionta et Gomez sur l’avantage numérique. Et nous  nous demandons pourquoi il semble perdu? ALLÔ?

Cette situation me fait penser à celle de Washington. En effet, j’ai corrélé les insuccès des dernières années des Capitals avec la gestion des minutes des joueurs. Et ça ne prend pas un génie. Ovechkin et Backstrom jouaient en désavantage numérique, tandis que Mike Green évoluait contre les meilleurs trios. Or, depuis le début de la présente saison, les rôles sont définis et les joueurs filent le parfait bonheur avec leur entraîneur. Le fameux trio «défensif» est composé de Brooks Laich, Joel Ward et Jason Chimera. Même si Laich peut inscrire 60 points et Ward enfiler de 15 à 20 buts, ils connaissent leurs rôles. Du coup, soir après soir, tous savent à quoi s’attendre  du trio. Boudreau exploite leur polyvalence. Sur la deuxième unité, Marcus Johansson, Alex Semin et Troy Brouwer se foutent de la défensive. Trois joueurs offensifs complémentaires sur un trio offensif. Est-ce réellement compliqué?

Pourquoi ne pas faire de même à Montréal? Cole, Plekanec et Cammalleri formeraient le gros trio. Pacioretty, Desharnais et Kostitsyn se soucieraient moins de la défensive sur la deuxième ligne. Eller, Gomez et Gionta évolueraient contre les meilleures unités adverses. Darche-White-Moen : un quatrième trio qui amènerait dynamisme et vigueur au club.

Gomez et Gionta ainsi qu’Eller et Moen sur l’infériorité numérique. En avantage numérique, alterner les deux premiers trios, et placer Gionta à la droite de Desharnais et Pacioretty, laissant place à Kostitsyn à la pointe avec Diaz.

C’est fini le jonglage de trio. Sérieusement. Martin doit donner des responsabilités précises afin d’assurer la viabilité de l’équipe. Sinon, je vais réellement m’inquiéter. Mais surtout me fâcher. Oh que Jacques Martin n’aimerait pas voir ça.

3 Commentaires

  1. gilles heroux

    très bonne analyse tu devrait l’envoyé a martin.

  2. Charles Campbell

    je trouve que laisse filer quelques lacunes individuelles de ton chouchou… PK doit apprendre sont role en tant que defenseur, tant qu’il sera irresponsable l’equipe s’en ressentira. avant le match d’hier, Subban avait une fiche d’une seule passe avec un differenciel de -5… il serait temps que les fans et les journalistes de Montreal cessent de croire et de crier que PK doit continuer a montrer sa fougue et sa passion offensive. Rendons nous a l’evidence: le gars fait fait mal a l’equipe avec ses efforts individuels demesures. Jaques Martin devrait s’occuper de lui a la place de changer ses trios 12 fois par semaine. Martin devrait montrer a Subban qui est le patron dans cette equipe, comme Lindy Ruff l’a fait avec Leino mardi soir.

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