La soirée du hockey

Ce soir, un bon ami m’envoie le message suivant :

Je suis horrifié par la qualité de reportage que nous offre RDS pour un match de hockey par rapport à CBC.

On est véritablement né pour un petit pain, les francos.

C’est drôle, parce que j’ai souvent fait essentiellement la même réflexion. Je trouve que la couverture télé du hockey en français laisse beaucoup à désirer.

Mais avant d’aborder le sujet,  je voudrais mettre un truc au clair

J’ai très, très peu d’expérience dans le domaine de la diffusion d’événements sportifs. Je crois tout de même en avoir savoir une chose : c’est fichument difficile, faire de la télévision. Je me sens mal de critiquer le travail de gens que je n’ai jamais (pour la plupart) rencontrés. À prendre avec un grain de sel, donc.

Cela étant dit, je partage l’avis évoqué plus haut. Chaque samedi soir, quand j’ai le choix entre la CBC et RDS, je choisi CBC à tout coup. La qualité du produit, à mon avis, est supérieure. Tout simplement. Dans tous ses aspects. Autant la qualité du commentaire que l’allure du studio que la réalisation de la couverture, les montages, le journalisme, les sujets traités pendant les entractes. Même Don Cherry ne me dérange pas tant. Je ne suis souvent pas d’accord avec ce qu’il dit, mais il est tolérable.

À comparer, chez RDS, combien de fois entend-t-on le nom d’un nouveau joueur (qui ne joue pas avec le Canada) massacré? Combien de fois gueule-t-on après la télévision parce qu’on ne montre pas le bon angle d’un jeu controversé? Pour un non-partisan du Canadien comme moi-même, c’est pénible de voir comment les 29 autres équipes sont escamotés dans les segments entre les périodes de jeu du Tricolore.

Pourquoi, donc, tous ces manquements? La raison fondamentale, selon moi, c’est qu’on s’en fiche pas mal de la présentation. Les gens regardent le hockey pour le hockey, pas pour l’émission de télé.

Là-dessus, je dois dire que mon collègue Vincent Rioux a écrit une excellente chronique sur un aspect bien précis de ce problème : la piètre qualité du français.

Le fait est que lorsqu’un diffuseur a un monopole, il fait à peu près ce qu’il veut. À la différence de RDS, CBC a les réseaux TSN et Sportsnet qui leur soufflent dans le cou, sans parler de ce géant nommé ESPN aux États-Unis. Oubliez le fait que ce dernier ne couvre pas la LNH : la qualité de ce qui passe (généralement) au Worldwide Leader fait en sorte que tous ceux qui regardent sont motivés à imiter ou faire mieux.

Pourquoi est-ce que le courant ne passe pas avec RDS (ce qui est ironique, quand on pense qu’ESPN en est partiellement propriétaire)? Peut-être est-ce simplement la barrière du langage.

Au risque de m’attaquer à un problème bien plus grand que le simple journalisme sportif, peut-être que c’est un peu ça, le problème avec le français au Canada. Vu qu’on n’a personne avec qui se comparer, tout est accepté, indépendamment de la qualité.

Mais j’ai espoir. L’arrivée de TVA Sports, qui va assurément tenter de gruger un peu de l’auditoire de RDS, forcera tout le monde à faire du meilleur boulot. Radio-Canada ne peut pas non plus se permettre d’être en reste.

Remarquez bien que peu importe ce qui se passe, il y a très peu d’incitatif chez les diffuseurs des matchs à faire changer les choses. C’est du hockey. Les gens vont regarder de toute façon.

Simon Cremer passe peut-être trop de temps à regarder le hockey seul (plutôt qu’en gang dans un bar), et donc à étudier les gens qui en font la présentation.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :