12 septembre > 11 septembre

Par Rendall Sylvain-H 

Dimanche dernier, les tragiques événements du 11 septembre 2001 fêtaient leur 10e anniversaire. Sans surprise, nous, auditeurs sportifs, avons été bombardés de témoignages, d’aigles, d’étoiles et de drapeaux. Ajoutez à ces ingrédients patriotiques le premier dimanche de la NFL, et vous avez un orgasme américain typique. Personnellement, je n’ai pas accompli de coït en ce 11 septembre 2011. En fait, je l’ai oublié, contrairement au lendemain.

Si le 11 septembre nous remémore l’histoire Oussama ben Laden et Georges W. Bush, le 12 septembre 2011 sera marqué par Tom Brady et Novak Djokovic.

Festin de Dauphins

Ce lundi, le quart-arrière des Patriots de la Nouvelle-Angleterre a terminé la rencontre avec 32 passes réussies en 48 tentatives. Résultat ? 517 verges amassées et 4 touchés. Ce total de verges par la voie aérienne représente un record d’équipe, ainsi qu’un sommet depuis le début des années 60 dans la NFL.

Or, tous ses exploits m’intéressent peu. Comme sa coupe de cheveux «Justin Beiber».Comme sa blonde Gisele Bundchen.

En revanche, Brady m’a impressionné à un moment bien précis.

Il ne restait que 5 minutes et 57 secondes à la rencontre. Les Pats amorçaient leur séquence à l’attaque à la ligne d’une verge. Afin d’éviter toute régression sur le terrain, Brady aurait dû être prudent et permettre à son porteur de ballon de sortir l’équipe d’impasse. On s’entend: la voie aérienne, à cet endroit du terrain, comporte plus de risques(concéder deux points et le ballon) que le jeu au sol.

Sans surprise, les Dolphins montraient le «blitz». Même Stevie Wonder aurait remarqué que Miami préparait une charge au centre. Drew Brees, Philip Rivers et Aaron Rodgers auraient donné le ballon au porteur. Du moins, ils auraient été protégés par des ailiers rapprochés. Tous les quarts auraient agi de la sorte. Mais pas Tom Brady.

  1. Il a placé son équipe en formation «Shotgun». Hum…
  2. Il a remarqué que le «blitz» de Miami se dessinait au milieu du terrain, et a donné des directives à ses joueurs.
  3. Il a envoyé le porteur de ballon et potentiel bouclier, Danny Woodhead, comme receveur de passe. …Quoi?
  4. En face, le secondeur central des Dolphins, Karlos Dansby, capotait.
  5. Brady a pris le temps d’analyser. Brady a joué dans la tête des Dolphins.
  6. Brady a reçu le ballon, et s’en est débarrassé rapidement à son receveur de passe, Wes Welker, au centre du terrain. Ce-dernier était opposé à Benny Sapp, attaqué plus d’une fois par Brady lors de la rencontre, et avec succès.
  7. Quelques secondes plus tard, touché, Patriots!

Brady a dompté Flipper. Littéralement. En quelques secondes, dans une rencontre intra-division, il a démontré sa supériorité mentale lors d’un moment critique à Miami. Avec Peyton Manning, il est le seul à se permettre pareille folie. Unique en son genre, Brady défie constamment les défensives adverses lorsque lui-même se sent agressé. Il écrase toute opposition avec sa force mentale.

Pendant ce temps, à New York…

Au lendemain de la finale féminine (nous ayant laissés sur notre appétit, DUH), Novak Djokovic et Rafael Nadal ont offert un spectacle magique, digne d’une dernière rencontre majeure de 2011.

Le pointage des deux premiers sets ne signifiait que dalle. Rappelons que l’un des bris de service de Nadal avait durée près de 20 minutes. Le 3e set, visiblement éreintant, a été remporté par Nadal. Contrairement aux trois heures précédentes, Nadal dominait physiquement et mentalement son adversaire. L’Espagnol avait réussi à sortir le Djoker de sa zone de confort. Rafa reprenait du poil de la bête. Il avait le «momentum» et était le chouchou du public déplaisant. Le rouleau compresseur majorquin semblait avoir le contrôle.

Toutefois, en 2011, Djokovic s’est transformé en assassin cérébral. Le 12 septembre l’a prouvé.

Djokovic avait battu Nadal à 5 reprises plutôt cette année. Et, il menait deux sets à un. Pour en arriver là, le Serbe avait vaincu Roger Federer, après avoir tiré de l’arrière deux sets à zéro. Il avait survécu à deux balles de match lors du 5e set versus le Suisse. Avec cette victoire en semi-finale, il avait réaffirmé sa confiance, mais surtout, son refus de retourner dans l’ombre de la 2e et 3e raquette du monde.

Lorsqu’il a plié l’échine contre Nadal au 3e set, Djokovic a manifesté des douleurs au dos. Il a amorcé le 4e set en grimaçant. À la suite du premier jeu, il a demandé l’aide d’un thérapeute. Le temps passait. Il a mangé une collation. La foule s’est calmée. Nadal de même.

Est-ce que le Djoker avait réellement mal? Je n’en doute pas. Souffrait-il au point de gruger 10 minutes du match? Permettez-moi d’en douter. Mais un réel champion prend tous les chemins nécessaires afin de triompher. Cette pause a cassé le rythme de Nadal. Ainsi, nous avons constaté que l’Espagnol avait peu d’essence dans le réservoir. Bref, l’adrénaline et la foule le portait à la fin du 3e set.

Boum. 6 à 1. Victoire en quatre sets. Nole a assuré sa domination de l’ATP avec un 3e titre majeur en 2011. Il savait ce qu’il faisait en «prenant son temps». Tout comme Tom Brady lors de son jeu audacieux. Le 12 septembre 2011, les deux futures légendes ont réitéré l’importance de «la force du MENTAL», comme dirait Bob. Mais par dessus tout, ils ont porté ombrage aux «festivités» du 11 septembre. Enfin.

Un commentaire

  1. David Gauthier

    Bon Bon Bon, on va mettre qques ptites choses au clair:
    1. 517 c’est un record de MONDAY NIGHT FOOTBALL, pas de passing yard ever.. y lui manquait plus qu’une longueur de terrain pour battre le record ever.
    2. Je contredis pas le fait que Brady est fort, y l’est. J’ai beau le détester (plus pour l’équipe pour laquelle il joue que le reste…) Ca demeure qu’il est « clutch » en sale. C’est d’ailleurs ça la principale qualité d’un bon QA, Brady Manning Brees… des gars qui peuvent lancer la balle exactement dans les mains du receveur « in stride » ie que le receveur n’a pas à s’ajuster au ballon. Il continue sa foulée. Le jeu illustre bien ça. Welker sprint, tend les mains et hop! la balle tombe dans le panier. C’est toute une passe.
    Maintenant pour la stratégie: Les Pats, ces années-ci, sont pas connu pour leur power Running. Il court bien, mais il tire profit du fait que l’autre équipe doit respecter la passe +++.
    En sortant avec un empty backfield comme ça. Ça permet d’étirer la défensive… C’est pas mal plus difficile de déguiser un blitz quand tout le monde est dispersé. Pour le reste, ça permet au Olinemen et au reste du personnel impliqué dans la protection de mieux identifier les « rushers ». La moitié de la job est faite quand on a identifié qui vient mettre de la pression et qui recule en couverture. Il reste plus qu’à mettre un chapeau sur un chapeau pour donner le temps voulu à Tom pour « work his magic ».
    C’est pas de la folie. C’est vaincre des paradigmes. Du Bill Belichick quoi! Des Pats!…. OSTI QUE JLES HAISSSSSSSSSSSSS

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :