L’amour dans la souffrance

Avec la température qui baisse déjà dans les derniers jours et l’automne qu’on voit poindre à l’horizon, on ne peut pas se tromper : la saison de la NFL est à nos portes! Personnellement, chaque mois de septembre est empreint de promesses et d’espoir face à la nouvelle campagne qui s’amorce pour mon équipe, les Browns de Cleveland.

Ne nous le cachons pas, cet espoir est généralement de très courte durée, malheureusement. Les Browns n’ont pas remporté de championnat depuis 1964 et n’ont pas fait les séries depuis 2002. L’équipe multiplie les gaffes au repêchage et sur le marché des agents libres tout en gérant de nombreuses crises à l’interne. Le moins que l’on puisse dire est donc que les Browns ne constituent pas un choix « sexy » auprès du néophyte de la NFL qui voudrait choisir une équipe à encourager (le nom des Browns et leur logo représentant un casque orange (?!) ne sont peut-être pas étrangers à cette réalité non plus).

Mais qu’est-ce qui fait donc qu’un amateur supporte et s’identifie à une équipe aussi lamentable à travers les années? La question m’a souvent été posée par des gens à qui je venais de révéler l’existence de l’équipe de Cleveland. Je prendrai donc cet exemple comme cas de figure pour tenter de répondre à la question.

Je crois que ça prend tout d’abord un goût pour l’exotisme. Supporter les Browns, ça fait marginal et ça fait automatiquement de toi un anti-hipster-fan-des-Pats-circa-2003. Le danger par rapport à ce goût pour l’exotisme est qu’il peut s’effriter avec le temps. Le fan moyen des Browns qui ne vient pas de Cleveland et qui n’a pas d’attachement émotif profond à l’équipe pourrait être tenté de sauter sur le bandwagon d’une autre équipe émergente après deux ou trois saisons consécutives de plus de dix défaites de ses favoris. C’est pourquoi il faut donc qu’un fort orgueil soit combiné à ce goût pour l’exotisme. Effectivement, un fan le moindrement orgueilleux ne voudra pas « abandonner » l’équipe qu’il supporte pour une autre au risque de voir ses amis le ridiculiser lorsque l’équipe qu’il supportait à l’origine deviendra finalement bonne et enlignera deux ou trois championnats en cinq ans. On veut être là quand la gloire sera au rendez-vous!

Un autre atout pour le fan d’une équipe dans la misère perpétuelle est une attirance pour l’histoire. À moins d’être fan d’une équipe VRAIMENT mauvaise qui n’a jamais rien gagné (Hello, Bills and Bengals fans!), on peut toujours s’accrocher à la gloire passée de notre club, même si nos parents étaient jeunes lors du dernier championnat de l’équipe. Ça permet également de s’acheter un chandail de notre équipe avec le nom d’une légende du club dans le dos, ce qui nous évite la honte de porter un chandail avec le nom d’un joueur plutôt moyen de l’édition actuelle du club mais qui s’avère la meilleure option quand même. Et croyez-moi, en tant que propriétaire de chandails des Browns de Tim Couch, Joe Jurevicius et Brady Quinn (qui ne sont tous plus avec l’équipe), je sais de quoi je parle.

Finalement, on ne se fera pas de cachettes, il faut aimer souffrir un peu. Car de la souffrance, en tant que partisan des Browns, on en vit quotidiennement durant la saison. Chaque défaite face à des équipes que nous sommes supposés battre, chaque joueur qui se blesse ou qui est impliqué dans une fusillade, chaque joueur qui déclare que Cleveland est une ville affreuse et qu’il veut être échangé nous fait lever les yeux au ciel et crier « POURQUOI DIANTRE AI-JE CHOISI CETTE Crédit photo : cleveland.comÉQUIPE DE MERDE?? » Il y a certainement des soubresauts, comme la victoire écrasante contre les Pats l’année dernière, un joueur prometteur qui passe par-dessus un adversaire comme Perdita Félicien dans un 110 mètres haies ou une victoire contre les maudits Steelers une fois de temps en temps. Ces éclaircies sont malheureusement de courte durée et le résultat final reste le même : 3e ou 4e place de la section Nord de la AFC et beaucoup de temps dans la saison morte pour congédier l’entraîneur. Même dans leurs bonnes saisons, les Browns sont parfois malchanceux : en 2007, les Browns ont miraculeusement réussi à présenter une fiche de 10-6, menés par le célèbre Derek Anderson au poste de quart-arrière. Les langues sales diront, peut-être avec justesse, que la fiche de l’équipe pour l’année précédente de 4-12 qui a entraîné un calendrier favorable pour la saison subséquente est en cause. Néanmoins, les Browns sont devenus une des rares équipes de l’histoire de la NFL (la 5e si je me souviens bien, je ne trouve pas de lien pour me le confirmer) à ne pas faire les séries avec une fiche de 10-6. Can we catch a goddamn break?!

Le temps n’est cependant pas au pessimisme mais bien à l’optimisme en ce 23 août! Les Browns n’ont toujours pas perdu en saison régulière (!) et le jeune quart-arrière Colt McCoy connait tout un calendrier pré-saison! Peyton Hillis semble vouloir continuer sur son élan de fin de la dernière saison et Joe Thomas vient de renouveler son contrat pour plusieurs campagnes. Pour couronner le tout, notre premier match est contre les Bengals, une équipe battable. Je souhaite donc bonne saison à tous les fans de la NFL et je souhaite bonne chance à votre équipe préférée (à moins qu’elle ne soit dans la AFC Nord!)

Benoit Thiffeault

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