Woznia-qui ?

(C) Wiki Commons1) Rien de sexiste

2) J’ai vu, analysé et décortiqué.

Allons-y.

Le tennis féminin courbe l’échine devant la portion masculine, et ce, à n’importe quel tournoi. L’intérêt auprès des dames est inexistant. Triste? Pas tellement. Et le problème est là.

Je ne révèle aucun secret en écrivant que, généralement, les hommes s’intéressent davantage au sport que les femmes. L’expression « sportifs de salon » n’a jamais été employée au féminin. Une partie du problème s’y retrouve.

De plus, l’auditoire majoritairement masculin suit les sports que les leurs pratiquent. En faisant abstraction des Jeux olympiques, rares sont les hommes qui décident de prendre une bière, au bar, pour écouter du hockey féminin.

De nos jours, le sport masculin domine outrageusement le volet féminin. Qu’il le domine, c’est une chose. Outrageusement? Une autre partie du problème.

Le tennis d’il y a 5, 10 ou 15 ans ne sous-tendait pas cette prémisse. D’ailleurs, je ne l’acceptais pas. Ces problèmes n’étaient guère identifiés. Les Seles, Hingis, Pierce, Graff, Davenport, Henin, Capritati, Sanchez-Vicario, Clijsters et Williams offraient un spectacle exceptionnel, souvent meilleur que leurs homologues masculins. Nous les connaissions ces raquettes. Nous nous y attachions. Nous les aimions. Nous fouillions sur internet pour voir leurs photos (allô madame Kournikova).

Désormais, le sentiment d’appartenance s’est dissipé. Une des raisons? Le classement de la WTA change à chaque tournoi, hormis la numéro-1 mondiale, Caroline Wozniacki. Mais pour ajouter l’insulte à l’injure, la Danoise pourrait terminer l’année au premier rang, pour une deuxième année consécutive, sans couronnement majeur.

Où se cachent donc les têtes d’affiche? Pour les Européens, la question trouve réponse rapidement. Sharapova, Schiavone, Azarenka, Radwanska, Kvitkova, Zvonareva et Petkovic font quelques percés. Par contre, elles se font éliminer dans les premiers tours par des crieuses n’ayant jamais remporté un tournoi domestique. Et où sont les Nord-Américaines? À qui nous identifions-nous, alors?

Au Québec, il y a Aleksandra Wozniak. Mais bon, nous la connaissons car sa face tapisse les paquets de croissants miniatures à l’épicerie, et parce qu’elle est la réincarnation de Josée Chouinard au tennis.

N’est-ce pas un problème majeur?

Ah, et le « Finish-him » provient de l’ATP. Trois des meilleurs joueurs de l’histoire du tennis se disputent, depuis 3-4 ans, les honneurs de tous les tournois. Rafa, Feds et le Djoker sont rarement blessés. Ils ne s’absentent jamais. Même si Soderling, Murray, Monfils, Tsonga et Ferrer leur donnent du trouble, ils triomphent.

Certains disent que Roger Federer est le meilleur joueur de tous les temps. Cependant, il n’arrive pas à battre Nadal. Et, ce dernier trime dur contre Djokovic. Qui lui, peine contre Federer.

Le tennis masculin n’a jamais été aussi bon, tout à l’inverse du côté féminin. Si seulement les femmes de notre entourage jetaient un coup d’œil aux prouesses de la cohorte féminine plus souvent, le sport se porterait mieux. Mais pouvons-nous les blâmer, avec si peu de joueuses dominantes?

Il y a trop de problèmes. Mais le vrai de vrai de vrai problème, c’est qu’on s’en câ…

2 Commentaires

  1. On pourrait porter la discussion encore plus loin:

    Je suis prêt à avancer que le sport, c’est un milieu fondamentalement sexiste. Il l’a toujours été, et le sera probablement toujours.

    Pourquoi? Parce que les femmes et les hommes ne seront jamais globalement traités de la même façon dans le sport. La raison à cela est simple: les gens veulent voir le meilleur. Pas la LAH, la LNH. Pas la LCF, la NFL. Pas le soccer féminin, le soccer masculin. Pas la WNBA, la NBA. Physiologiquement, les hommes sont plus forts, plus vites, plus rapides. On pense donc – parfois à tort – qu’entre un match d’athlètes masculins et féminins, il vaut toujours mieux voir les hommes, parce que le spectacle est meilleur.

    Selon moi, la seule vraie façon de promouvoir le sport féminin, c’est d’en faire la promotion autrement. Pas par le sexe, ni simplement en disant « Regardez! Les femmes aussi jouent au basket! ». Ce qu’il faut, c’est que les fans, les vrais de vrais mordus de sport s’y mettent. Ceux qui regardent les stats avant de se coucher. Qui écoutent 8 différents podcasts du Score chaque semaine. Ceux qui n’en ont jamais assez, de sport. Le jour où ces gens-là suivront sérieusement les ligues féminines, la situation changera.

    Pour revenir au tennis, il y a une chose que Rendall omet de mentionner: c’est que le tennis est foncièrement cyclique. En ce moment, il y a trop de joueuses qui sont au même niveau, au presque. Mais un jour, bientôt, quelqu’un viendra et sera capable de toutes les battre. Une deuxième joueuse se rapprochera de celle-ci. Puis, peut-être une troisième. Et là, on reconnaîtra les noms, et le tennis féminin redeviendra intéressant.

    Je pense.

  2. Frédéric Emond

    Très intéressant ! Et on pourrait pousser cette comparaison hommes/femmes à tous les sports !

    La Coupe du Monde masculine de la FIFA est le tournoi international le plus regardé à travers le monde entier . Pourtant, la Coupe du Monde féminine peine à se faire diffuser au Canada et aux États-Unis comme on l’a vu avec l’édition de 2011 en Allemagne… On parle ici du sport le plus populaire sur la planète !

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